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Interview d’Hélène Olivier-Schmite, maman et fondatrice de Make it Happen

C’est au tour d’Hélène Olivier-Schmite de se prêter au jeu de notre interview de maman et de se confier à Kidiwiz. Fondatrice de Make it Happen, Hélène est aussi responsable de la ligne enfant chez Yves Salomon.

Bonjour Hélène, peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je viens d’avoir 39 ans, je vis à Paris avec mon mari et mes deux enfants, Marnie ma fille aînée qui a 8 ans, et Marin mon petit dernier qui a 18 mois. Ma grande et belle-fille de 21 ans, Eva, vit aussi avec nous. Je me suis lancée dans l’aventure de l’entreprenariat en 2014 et j’ai fondé Make it Happen, une entreprise spécialisée dans l’accompagnement de marques internationales dans l’organisation de leur showroom à Paris pendant les semaines de la mode. Parallèlement j’ai été contactée par Yves Salomon pour la création et le développement d’une nouvelle ligne au sein de leur maison : la ligne enfant.

Avant de te lancer dans l’entreprenariat, quel a été ton parcours ?

Après quatre années d’études à l’EBP France, groupe KEDGE Business School de Bordeaux, j’ai commencé ma carrière en tant que commerciale chez Children Worldwide Fashion, qui est le leader européen de la mode enfant de luxe sous licence. Quelques années plus tard, j’ai choisi de m’associer à mon directeur pour fonder Fashion Link Agency, agence de mode représentant en France des marques de luxe pour enfants. Après la naissance de ma fille, j’ai souhaité changer d’univers mais aussi de rythme de vie. J’ai eu la chance à cette période de découvrir l’univers des ventes en showroom qui donne le loisir d’organiser son temps plus librement en raison de son séquençage temporel circonscrit à 4 fois par an, ce qui m’a permis de profiter pleinement de ma fille pendant ses premières années et de réfléchir à un projet de vie plus global. C’est notamment mon expérience au sein de l’équipe de Lanvin lorsque les collections étaient encore dessinées par Albert Elbaz qui m’a donné l’opportunité d’élargir mon réseau et l’élan pour mettre en œuvre mon propre projet.

Aujourd’hui, on peut dire que tu as plusieurs casquettes ?

Absolument ! J’ai monté Make it Happen en 2014 mais je suis également responsable commerciale de la ligne enfant chez Yves Salomon, et je réalise ponctuellement des missions de consulting. J’ai par exemple participer au projet de Marketplace pour le site internet Melijoe en 2016. Et j’ai par ailleurs donné naissance à mon deuxième enfant l’année dernière, et ça c’est une casquette qui tient bien sur la tête !

Comment gères-tu ton emploi du temps au quotidien ?

Mon année se divise toujours en deux parties. Par chance, nous n’avons qu’une collection annuelle (hiver) chez Yves Salomon, la typologie de nos produits outerwear n’étant pas adaptée à la saison estivale. A chaque rentrée, je reprends mes activités en tant que responsable de ligne chez Yves Salomon. Cela correspond à la période où mes clients reçoivent et vendent la collection (c’est ce qu’on appelle le Back to school) mais également la période où nous préparons la collection suivante (présentée au mois de janvier). Pendant six mois, cette casquette-là redevient mon activité principale. J’ai toutefois la chance d’avoir dans ma semaine de travail deux jours de libres, que je consacre à mon entreprise. Le reste de l’année, je suis davantage présente sur Make it Happen, car j’ai plus de temps à dégager. J’en profite pour mettre en place les grands projets, définir les process nécessaires pour y arriver, et former celui ou celle qui m’assistera dans leur réalisation, en veillant toujours à ce qu’il ou elle soit capable de travailler en autonomie. Enfin, je m’efforce de préserver une partie du mercredi pour profiter de ma fille et de mon petit garçon. C’est un privilège immense, qui est chaque semaine menacé, mais auquel je m’accroche car ce temps est précieux pour nous. Cela me permet de me ressourcer avant de m’atteler de nouveau à mes projets !

De plus en plus de clients font appel à tes services pour implanter un showroom éphémère pendant la Fashion Week de Paris. Est-ce que les marques tendent à aller davantage vers ce type d’événement ?

Oui, de plus en plus de designers cherchent à se démarquer du flot de marques présentes sur les salons et sont en demande d’un lieu atypique pendant les semaines de la mode parisienne. Il y a un véritable marché et certains lieux sont même réservés plusieurs saisons de suite, sur plusieurs années. C’est pourquoi je suis constamment en prospection de nouveaux lieux, et Paris est une ville magique pour ça : elle regorge d’adresses secrètes et de trésors cachés. Parfois il suffit de passer une vieille porte en bois pour dénicher un sublime hôtel particulier, une grange classée, ou un musée qui n’a pas encore ouvert ses portes à la mode. On n’est jamais à l’abri d’une belle surprise, pourvu que l’on se donne la peine de la débusquer…

Quels sont les quartiers de la capitale qui sont le plus demandés dans l’organisation de showroom éphémère ?

Tout est une question d’identité de marque, mais aussi de budget. Les quartiers emblématiques sont le Marais, le Triangle d’Or et les Tuileries. Depuis que le palais de Tokyo accueille les défilés, je constate une demande de plus en plus forte pour le 16ème arrondissement jusqu’alors totalement inconnu des modeux. Par exemple, les designers indépendants iront plus facilement dans un loft industriel du Marais, alors qu’une marque plus couture privilégiera un appartement grand standing dans le Triangle d’Or, quartier historique de la haute couture.

Penses-tu aujourd’hui qu’un showroom éphémère a plus d’impact qu’une boutique en propre ?

Ce sont deux choses différentes, qui ne doivent pas être mises dos à dos. On assiste aujourd’hui à une demande croissante pour des pop-up stores, qui permettent de tester le marché dans un arrondissement, une ville, ou un pays, sans investir de manière durable et donc potentiellement préjudiciable financièrement. Dans une autre démarche, je pense à celui que vient d’ouvrir un pure player du web, le site Vestiaire Collective, rue Saint Roch : pour commencer, c’est une très belle adresse, à mi-chemin entre les Tuileries, le Palais-Royal, et la rue Saint-Honoré, mais surtout cela permet à la marque de s’adresser à une clientèle différente de celle qui lui est déjà acquise et de créer ainsi un rapport plus confidentiel et privilégié.

Quel est ton plus joli souvenir avec ton entreprise Make it Happen et quels sont tes prochains projets ?

J’ai beaucoup de jolis souvenirs avec Make it Happen, récemment j’ai été contactée par le bureau de l’artiste contemporain Mathias Kiss dont j’adore le travail pour d’éventuelles collaboration mode pendant les Fashion Week. Parmi mes projets pour 2018, je vais avoir l’honneur d’accueillir la maison Mugler dans une très belle galerie rue Royale. Cette maison symbolise pour moi l’époque sacrée des top models de mon adolescence.

Quant à tes projets freelances dans la mode enfantine, et notamment chez Yves Salomon, qu’est ce qui te motive à revenir chaque saison ?

En premier lieu, chaque année je suis émerveillée par la beauté de la collection, dont l’équilibre relève à la fois de l’univers onirique de l’enfance et l’héritage d’une maison française au savoir-faire artisanal et au style intemporel. Ensuite, comme je ne suis présente qu’une partie de l’année, chaque rentrée constitue un nouveau défi pour moi. C’est très stimulant : je gère cette activité comme ma petite entreprise.

Quels conseils aurais-tu à donner à une marque qui souhaiterait se lancer dans la mode enfant ?

Je suis une convaincue que le consommateur se dirige de plus en plus vers des spécialistes de marché. A ce titre je pense qu’une marque monoproduit à plus de chance de trouver une place légitime sur un marché mais bénéficiera également d’une simplification de toutes les étapes du projet : structure de collection, sourcing, fabrication, etc. En tant que maman, il est parfois frustrant de ne pas trouver une belle marque d’underwear pour les enfants. Il est aussi difficile de trouver de belles mailles qui ne soit pas au prix du fil de loro piana. Les prix sont parfois excessifs alors que la qualité n’est pas toujours au rendez-vous, je trouve cela dommage. Les mamans ont envie, je crois, de vêtements qui les rassure tout en les faisant rêver. Au moins tout autant que leurs enfants.

Merci Hélène pour tes réponses pleines de vie, à ton image, et à très vite sur http://www.makeithappen-paris.com/